Fraude et conformité
Faux documents : comment les détecter et lutter contre les fraudeurs ?
Les faux documents (fausses factures, faux RIB, fausses attestations...) sont un fléau. La technologie peut les détecter automatiquement. Voici...
Face à des fraudes de plus en plus nombreuses et technologiques, les dispositifs traditionnels de lutte contre les fraudes montrent aujourd’hui leurs limites. Les fraudeurs profitent des silos entre acteurs pour multiplier les démarches et contourner les contrôles.
La réponse doit donc devenir collective : seule la mutualisation permet de transformer une vision isolée en vigilance partagée. C’est cette évolution stratégique — du « je détecte seul » au « nous détectons ensemble » — que nous explorons dans cet article.
Sommaire
Pour les équipes en charge de la lutte contre la fraude, le défi est double :
Cette augmentation et cette sophistication des fraudes imposent une modernisation des dispositifs de lutte. Différents leviers peuvent être activés : formations IA des équipes, application garantissant la preuve numérique à la source (document certifié conforme), meilleure orchestration entre les outils de détection et l’expertise métier des analystes fraude… et surtout : le décloisonnement des échanges d’informations entre organismes d’une même filière !
Historiquement, les organisations ont appris à lutter en silo. C’est aujourd’hui devenu leur principal talon d’Achille. Cette faille, les fraudeurs l’ont bien identifié.
Un exemple de mode opératoire ? Un petit dégât des eaux déclaré rapidement après la souscription d’un contrat fondé sur de faux documents, puis une tentative de cumul d’indemnisation auprès de plusieurs assureurs, misant sur l’absence de recoupement immédiat.
La principale faille des dispositifs anti-fraude ?
Fonctionner en vase clos ! Seule la coopération entre organismes renforce la défense collective
Pierre Vanhoutte
Head of Fraud Business Unit – ITESOFT
Concrètement, lutter seul contre la fraude crée des angles morts :
Dans ce contexte, la mutualisation sectorielle (partage sécurisé des données et des schémas de fraude) apparaît comme un levier stratégique majeur.
Dans certains domaines la mise en commun des informations est déjà une réalité. Dans d’autres, des projets de loi sont en discussion. Partout la mutualisation s’impose.
Le principe est toujours le même : décloisonner les échanges d’informations entre organismes pour renforcer la défense collective. Quelques exemples :
Ces exemples témoignent d’une réalité : les professionnels du risque reconnaissent que le partage d’informations s’impose pour garder une longueur d’avance sur les auteurs d’infractions.
Les organisations ont besoin de s’échanger des renseignements sans compromettre les données personnelles
Pierre Vanhoutte
Head of Fraud Business Unit – ITESOFT
Mettre en place la mutualisation pour lutter contre la fraude implique de s’appuyer sur un fichier centralisé d’informations.
L’exemple de la Base M+ d’ITESOFT, première base mutualisée d’empreintes documentaires inter-assurances en France, montre comment cette collaboration transforme la détection. Chaque assureur sait — avant tout remboursement — si les pièces justificatives reçues ont déjà été analysées ou signalées par un autre organisme. Dès qu’une similarité totale ou partielle est détectée avec un document de la base, une alerte est automatiquement générée.
Illustration du fonctionnement de la Base M+
En centralisant les justificatifs déjà identifiés comme frauduleux — ou au contraire validés — auprès de différents assureurs, l’IA peut reconnaître instantanément un document déjà utilisé dans une démarche frauduleuse, détecter des cumuls d’assurance, des exagérations de préjudices ou des fraudes en réseau.
Principe fondamental : ne jamais compromettre les données personnelles des assurés. L’échange de renseignements anonymisés est donc la règle. Dans le cas de la base M+, seules des empreintes documentaires, uniques pour chaque document – sont partagées. Aucune donnée personnelle n’est exploitée.
Adopter une approche collective change profondément la donne : la mutualisation crée des effets de levier majeurs pour les assureurs. En voici les retombées les plus significatives.
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✅Bénéfices opérationnels |
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| ✅Bénéfices économiques |
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| ✅Bénéfices réglementaires et prudentiels |
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| ✅Bénéfices technologiques |
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| ✅Bénéfices concurrentiels |
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Responsable communication et éditorial
Laurent rejoint ITESOFT en 2000. Directeur de Projet Marketing et diplômé de l’IAE d’Aix en Provence, il dispose d’une expérience de plus de 15 ans dans la production d’évènements, d’études et de contenus autour de la dématérialisation et de l’automatisation des processus.
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